Extraits de Presse

 
HAI

Ce qui est à nous… est à vous !

«Le monde tourne mieux quand il est fait de partage»…

Ces propos du Président d’Hôpital Assistance International témoignent à eux seuls de la vocation et de l’engagement de l’organisation non gouvernementale qui, depuis quinze ans, soutient des pays et des populations dans le monde entier

C’est en 1992 que fût créée l’association Hôpital Assistance International (HAI), sous l’impulsion de Jean-Charles Foellner et la volonté de quelques chefs d’entreprise, émus par le sous-équipement des hôpitaux du continent africain.

Le but de l’association venait de prendre forme : offrir à tous les organismes hospitaliers, sanitaires ou dispensaires répartis dans le monde, le matériel permettant d’apporter un plus à la santé des habitants et plus particulièrement des enfants. En effet, dans un pays comme la France, du fait de la législation française et européenne, une multitude de matériel médical, paramédical, roulant, scolaire et autres, est réformé chaque année.

Or, ce matériel est encore en état de fonctionner ou nécessitent de petites réparations, et peuvent répondre à la demande de pays émergents. Ainsi, depuis sa création, HAI a aidé 90 pays et cette aide se chiffre en milliers de tonnes de matériel médical ou paramédical (lits médicalisés, appareils de réanimation, scanners, blocs opératoires, ambulances…). Par ailleurs, l’association assure la formation et le perfectionnement de médecins, chirurgiens, infirmiers, techniciens…

En 2003, un décret de « reconnaissance d’utilité publique » est venu consacrer l’action et l’engagement dans le monde de l’organisation non gouvernementale.

Interview du président

Agir Mag : Quel regard portez-vous sur le fondement d’HAI ?
Le président : Des personnes se trouvent en Afrique et se rendent compte qu’il vaut mieux ne pas y être malade ! Il manque beaucoup de matériel alors que de notre côté nous avons tendance à en jeter. Il est donc urgent de prévoir des hôpitaux mieux équipés et de plus grande capacité pour répondre aux besoins de la population de ces pays. À partir de là, c’est tout un apprentissage de l’humanitaire que nous avons dû intégrer pour arriver à un résultat clair et efficace : ce que vous donnez, voilà où cela se trouve !

Agir Mag : Comment garantir la transparence et l’efficacité ?
Le président : Nous avons mis en place tout un système de traçabilité, s’appuyant sur le suivi humain et informatique. Dans un premier temps, nous avons cherché des hommes qui nous assurent de la bonne fin des opérations, puis créé des plates-formes en responsabilisant des correspondants directs. Ils sont chargés de vérifier la fiabilité des récepteurs, d’évaluer la faisabilité sur place, de faire
le relais auprès des équipes qui sollicitent notre aide et d’assurer le stockage comme la redistribution du matériel.

Agir Mag : Quels sont vos champs d’action ?
Le président: Notre vocation première est d’intervenir dans le domaine sanitaire, mais nous investissons de plus en plus le domaine éducatif pour familiariser les enfants, dès l’école, aux questions d’hygiène et de santé car la prévention est un facteur clé face à l’économie de pénurie. Notre intervention s’inscrit dans la durée (moyen et long terme) et nous fonctionnons sur la base de conventionnement à 3 ans. Nous faisons une première évaluation de l’action à 1 an pour réajuster ou transformer l’objectif si nécessaire. HAI n’a pas vocation à traiter l’urgence.

Agir Mag : Comment s’opère le traitement des demandes ?
Le président : Nous avons une commission médicale composée de 30 médecins et nous privilégions l’avis médical pour valider la nécessité, la faisabilité et la pérennité d’une action. Lorsqu’une demande nous parvient, nous remettons le dossier à cette commission qui l’évalue et le remet avec ses observations au bureau du Conseil. La décision finale se fait à ce niveau.

Agir Mag : Quelles sont les axes de développement ?
Le président : Structurer et maîtriser la question européenne pour faire de l’humanitaire un projet de co-développement en s’appuyant sur l’Europe et les Régions (il existe environ 250 régions européennes). Le consumérisme européen conduit à un changement très rapide du matériel médical. La régionalisation européenne va permettre de déconcentrer nos actions du territoire à travers des accords inter-régionaux, pour fonctionner en réseau et travailler sur du matériel neuf.

Agir Mag : Votre mot de fin ?
Le président : La problématique de l’action humanitaire est le décalage entre la fonction d’équipement, et les conditions d’utilisation et de maintenance. Ce qui peut amener à se dire « qu’on vide l’océan avec une petite cuillère ». C’est pourquoi nous concentrons nos efforts sur l’éducation au sens large du terme. Nous formons sur place les médecins comme les personnels de maintenance afin que le matériel soit utilisé et entretenu efficacement. Agir en amont pour développer les connaissances et les compétences techniques est fondamental !

Les projets en cours

  • Réalisation d’un système d’orphelinat basé autour d’une MERE prenant en charge plusieurs enfants (système HOME D’ENFANTS) ;
  • Création de PUITS, dans plusieurs pays africains (Mali, Bénin, Niger,Burkina Faso, Côte d’Ivoire) ;
  • Création de centres dentaires mobiles permettant d’apporter les soins dentaires parmi les populations les plus déshéritées, les sensibiliser à la prévention, et former des chirurgiens dentistes locaux ;
  • Former des ACCOUCHEUSES pour faire face à l’éloignement des structures médicales qui entraîne 25 à 28 % de mortalité infantile avant cinq ans (statistiques UNICEF) et la mortalité de 20 % de femmes en couche (statistiques OMS

Tous les enfants ont des droits

Nous intervenons aussi pour défendre les droits de l’enfant à travers la charte adoptée par l’ONU en 1989. Conjuguant ses actions avec d’autres associations, HAI se tourne vers les enfants qui en ont le plus besoin : les enfants malades, les enfants soldats, les orphelins... Pour que chaque enfant ait droit à des conditions de vie décentes (hygiène, accès aux soins…), HAI développe et implante des structures médicales, scolaires et affectives. Il faut redonner le sourire aux enfants malades.

Agir Magazine



Extraits de la Presse hospitalière

 

CALAIS : Un exemple d’échange hospitalier international

Ce qui a perdu ici tout son intérêt peut ailleurs paraître inestimable.

Fort de cette conviction, le directeur du Centre Hospitalier de Calais, Patrick Devorest, est le premier en France à entamer une action dont il espère qu’elle sera généreusement copiée.

Récemment, l’Hôpital de Calais se dotait d’un nouveau plateau technique équipé des derniers appareils issus de la haute technologie médicale. Qu’allait devenir l’ancien matériel que les spécialistes calaisiens se félicitaient de n’avoir plus à utiliser ?

"Il demeure solide et fiable", pensait pour sa part M. Devorest. Il songea à la loi hospitalière de juillet 91 qui permet aux établissements hospitaliers français de mener des actions de coopération avec leurs homologues étrangers.

Qu’il est difficile de donner !

Sans doute existait-il quelque part dans le monde des médecins, des chirurgiens, pour qui le matériel désaffecté de l’Hôpital de Calais représenterait une merveille de modernisme comparé aux moyens avec lesquels ils devaient, tant bien que mal, tenter au jour le jour de sauver des populations.

Donner pourtant n’est pas si simple si l’on veut le faire à bon escient. "Je me suis trouvé en butte à la convoitise des ferrailleurs de la santé" explique M. Devorest qui avait décidé de se montrer intransigeant. "Je voulais absolument connaître les gens, savoir où et pourquoi".

Pour éviter donc de tomber dans les travers des marchés organisés de la santé, le directeur fait appel à Hôpital Assistance qui servira de relais.

Un hôpital d’enfants au Viêt-Nam

Un hôpital d’enfants au Viêt-Nam

Docteur On lui parle de l’hôpital Graal d’Ho-Chi-Minh-Ville, ex-Saïgon, un établissement construit par les Français qui accueille jusqu’à 800 enfants traumatisés par la guerre.

M. Devorest veut rencontrer les gens, connaître qui va démonter, remonter, recevoir.

Qu’à cela ne tienne : l’ambassadeur du Viêt-nam à Paris en personne s’est déplacé ; et une convention a été signée.

"Nous sommes devenus des acteurs d’une politique de santé" constate le Calaisien, "et ces accords pourraient aller jusqu’au jumelage".

L’hôpital Graal recevra prochainement les trois anciennes salles de radiologie de Calais, dont une permet d’entreprendre la détection des cancers. Deux salles de bloc avec table d’opération compléteront le don et feront de cet hôpital le seul du Viêt-nam aussi complètement équipé.

Lambaréné

Par attachement à la Côte d’Ivoire de son enfance, Patrick Devorest a ensuite voulu s’intéresser à un pays africain.

Le médecin-directeur de l’Hôpital de Lambaréné, au Gabon, est venu visiter les installations calaisiennes. Les nouvelles et les anciennes. Il a expliqué par exemple qu’il éclairait sa table avec des ampoules qui parfois claquaient en plein travail !

Il obtiendra deux Scialytique ainsi qu’un bloc opératoire viscéral mobile. Un représentant du gouvernement du Gabon est venu lui aussi signer avec le Maire de Calais, Président du Conseil d’administration du Centre Hospitalier, une convention.

"Tout cela doit être officiel, il faut être professionnel" tranche M. Devorest qui reconnaît quand même que le coeur apporte parfois beaucoup plus de difficultés que l’indifférence ; il s’est souvent demandé s’il ne serait pas plus simple de tout laisser finir à la ferraille !

Changer les mentalités

Pourtant, Patrick Devorest avait déjà donné : à l’Hôpital de Moravia, au Libéria. Des lits-berceaux de pédiatre, des autoclaves de stérilisation. Et un groupe électrogène. Avec l’aide du CEADEC — le comité d’expansion économique local — pour financer son démontage. Trois tonnes et demie à soulever ! Les membres du Kiwanis avaient également, au sens propre cette fois, prêté main forte.

Dans cette coopération inter-hospitalière, le directeur calaisien souhaite que l’on parle de partage intelligent. "Il y a peut-être beaucoup à apprendre chez eux, conclut-il. On peut faire parfois mieux avec moins".

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